Et le « crampon de plâtre » est décerné à…

Posted on 29 juin 2010 par

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Aller, tentons le pari de l’interactivité. Après de nombreux jours sans publication, voici un petit sondage d’opinion. L’objectif est limpide autant qu’il se veut simple. Donner la palme de la bêtise ou de la médiocrité à un, voire plusieurs, protagaoniste(s) de ce mondial.

Ibrahimovic, grand habitué des classements récompensant la bêtise et la médiocrité, en est cette fois-ci absent. Et pour cause, la Suède n'est pas de la fête sud-africaine.

Cette Coupe du Monde, nous ne le dirons jamais assez, a débuté comme un « pétard mouillé ». Quoique le terme « débuté » commence gentiement à me rebuter. Après une journée passe encore, mais là, alors que les phases de poule sont terminées, la plaisanterie commence à me laisser un arrière goût de Challenge League.

En parlant de poules, sachez, même si je sens déjà percer une pointe de déception derrière vos écrans, que le(s) coq(s) français ne figurera(ont) pas parmi les candidats en lice pour ce peu glorieux césar. L’équipe de France est jugée hors catégorie. Ben oui, faire le concours de la médiocrité avec les joueurs français équivaut presque à participer à une classique cycliste dans laquelle Cancellara est engagé. Le vainqueur est connu d’avance. Moi je préfère l’incertitude, un long et (presque) interminable suspense, un peu à la Mahut contre Isner.

Justement, de record, la Suisse en a battu un beau contre le Chili. Quoi?! Vous n’êtes pas au courant?! La Nati est maintenant l’équipe à avoir tenu le plus longtemps sans concéder de but durant un mondial. Ou plutôt trois, pour être précis. 500 et quelques minutes pour s’inscrire dans la légende. Et l’historique « catenaccio » italien de sauter du même coup. Un incroyable exploit qui prend beaucoup plus de signification lorsqu’on sait qu’il a été signé avec, ou plutôt malgré, la présence de Zubi dans les buts. Paaaaas maaaaal mon cher Yannick, nan?!

Bon, revenons à nos moutons. Eux, à la différence des starlettes françaises (et pourquoi pas italiennes), ont réellement envie de… « bouffer le gazon »! Les brebis galeuses hexagonales, à l’image d’un troupeau bien discipliné, se sont bêeeeeeee-tement suivies autour du piquet. Le piquet de grève. Sans âme sur le terrain, gentillets dans les duels, ils se sont comportés comme de véritables petits agneaux. Le grand déballage programmé promet. Les internationaux tricolores livreront leur vérité. Même si nous ne les croirons que difficilement.

Retour donc à notre concours. Les nominés se bousculent au portillon. Relevez que, pour une fois, Ibrahimovic ne figure pas dans cette sélection de bras cassés au mental de moineaux. Le fait que la Suède ne soit pas qualifiée explique sans doute une telle absence. Les nominés sont donc:

1) Daniele De Rossi

Les raisons de la nomination du demi-défensif italien sont aussi inesthétiques que footballistiques. Le gladiateur romain paie peut-être un peu pour ses compagnons de promotion. Loin de faire oublier ses glorieux aînés champions du Monde en 2006, la nouvelle génération de joueurs transalpins s’est peu glorieusement pris les pieds dans les tapis sud-africains. Montolivo, Criscito, Marchetti, Bonnuci, autant de noms inconnus du grand public qui symbolisent à merveille le manque de relève du foot italien. Ajoutez-y le retraité Cannavaro, aussi rapide que précieux dans les duels aériens (les buts encaissés contre le Paraguay et la Nouvelle Zélande en attestent), et vous détenez un cocktail bien incapable de venir à bout de valeureux néo-zélandais.

Alors pourquoi le pauvre De Rossi, me direz vous. Je garde malheureusement en mémoire sa superbe passe de but pour le 1-0 slovaque du dernier match. Une ouverture milimétrée, d’une pureté géniale, qui ne pouvait que faire la différence. Vittek concrétisait la bourde du numéro 6 azzuro.

Mais Daniele paie également  l’hideux amas de poils mi-roux, mi-blonds ornant son menton et ses joues. Une touffe à faire pâlir un Shawn Heins en playoff. A elle seule, cette toison, paraît-il appelée barbe, lui donne 10 ans de plus. La raser l’occupera probablement une bonne demi-journée! Il en a maintenant le temps. Le grand problème de cette barbe est surtout le double menton qu’elle imprime au visage du brave De Rossi. Illusion d’optique? La lourdeur et le manque de tranchant de l’habituellement sur-aggressif milieu romain était pour le moins surprenant. En comparaison, un Boris Smiljanic lancé en paraîtrait presque rapide.

2) Khalil Al Ghamdi

Comment l’oublier? A lui seul, cet  homme a réussi à mettre sur les nerfs les supporters de tout un pays. Son nom ne vous dit rien? Réflechissez bien… Oui, bravo, il s’agit bien de l’arbitre ayant officié lors de Suisse-Chili. Incompétence teintée d’arrogance (non, je ne parle pas de Domenech!): l’arbitre s’est trompé sur toute la ligne. Bien mal assisté par messieurs Kamranifar et  Al Marzouqui, il a composé un trio à qui l’association jurassienne de football n’aurait même pas confié un match sans enjeu entre Bassecourt et Courtételle! C’est dire…

Max Göldi, grand ami de la famille Khadafi, y verrait, paraît-il, une vengeance supplémentaire du monde arabe envers la Suisse. Heureusement pour lui, l’arbitre en chef de ce Suisse-Chili se confond dans une masse de médiocrité. Celle des arbitres de ce mondial. Le nombre de leur erreurs est probablement plus élevé que la quantité de buts marqués depuis le début de la compétition. Vous me direz, c’est pas dur…

3) Sepp Blatter

Prenez l’A9 en direction du Valais. Roulez jusqu’à être obligé de sortir. Vous êtes à Sierre. Continuez à avancer, toujours dans la même direction, sur la route principale traversant la plaine du Rhône. Vous traverserez successivement Viège puis Brig. La vallée se resserre. Les esprits probablement aussi. Continuez encore. Montez en direction du Glacier du Rhône. En traversant la vallée de Conches, à près de 1400 mètres d’altitudes, vous verrez Ulrichen.

Ulrichen, petit village juché au milieu de...rien (!), vit avec 20 ans de retard sur le reste du monde. Sepp Blatter, mythique citoyen du hameau haut-valaisan, également.

Allez y, le voyage n’est pas anodin. Le dépaysement garanti. Très vite, vous comprendrez que… vous ne comprendrez rien. Le dialecte haut-valaisan est impossible, même un suisse allemand s’y casserait les dents. Ce hameau, reculé au plus profond d’un Haut-Valais très étriqué, incarne parfaitement les traits de son citoyen le plus réputé. Sepp Blatter, évidemment.

En allant à Ulrichen, vous vous rendrez rapidement compte que le temps s’est arrêté une fois la montée entamée. Avec une trentaine d’années de retard, le petit village évolue péniblement. L’écran plat y arrivera probablement bientôt, alors que les opérateurs Orange et Sunrise sont toujours à la recherche d’une solution pour permettre aux quelques résidents d’utiliser leurs 3210 sans coupures inopinées. Dans ce petit coin de pays, Wawrinka est encore considéré comme un grand espoir du tennis suisse et… le football s’arbitre toujours sans recours à la caméra!

C’est là la dure réalité de « Seppiland »! La vie y est basée sur l’authenticité, le naturel. Un conservatisme endormi qui se marque par un déni de toute forme de technologie. Et c’est bien dommage. La seule journée de dimanche devrait faire réfléchir l’omnipotent président de la FIFA. Le sort des matches Angleterre-Allemagne et Argentine-Mexique aurait pu s’en retrouver changé. L’erreur est humaine, mais quand un simple recours à la vidéo permettrait de l’éviter, avouez que c’est balaud quand même! Alors Seppi, réveille toi une bonne fois pour toute et accepte cette nécessaire évolution.

4) John Terry

A force de ramener sa science, de revendiquer sans rien montrer sur le terrain, cette nomination dans la catégorie « lapin crétin » lui pendait au nez. On t’aime bien John, mais faut quand même pas pousser.

John Terry, bonne pêche?!

Après le « Terrygate », révélé ce printemps par les tabloïds anglais, le numéro 26 de Chesea faisait voeux de chasteté. Promis, on ne l’y reprendrait plus. Fort bien. Le grand benêt allait maintenant se la fermer pour mieux se concentrer sur le terrain.

Pilier du « mur » anglais façonné par le maçon italien Capello, le Londonien mènerait, c’est sûr, le onze à la Rose vers les sommets. Oui, mais voilà: les anglais roupillent. Heskey nous rappelle que le foot se joue avec des pieds. Lui les a malheureusement laissés à Birmingham. Barry à également oublié quelque chose chez lui: sa pointe de vitesse. Le Boumsong anglais est ainsi contraint à laisser filer vers son but un Mesut Özil parti pourtant 15 bons mètres derrière lui. 

Bref, après deux rencontres, Terry s’improvise entraîneur. Exit Heskey, Rooney doit jouer seul en pointe. Joe Cole fait également partie du onze de base. Capello y goûte probablement moyennement. Les excuses publiques du capitaine déchu ne tarderont pas à suivre. Il n’en demeure pas moins que pour ouvrir ta gueule, tu dois être irréprochable. Une maxime que le Gallas anglais n’a pas vraiment fait sienne. Le premier but allemand m’a donc bien fait rire. Avouez que John Terry surpris comme un… bleu (!) par un dégagement en 5 mètres botté par le portier allemand, ça a d’la gueule! Une boulette qui m’emplit d’une certaine joie très perverse, mais que j’assume totalement. 

5) Paul Le Guen

« Mes joueurs me font totalement confiance« . Le propos se veut rassurant. Il faut dire que la polémique enfle autour de la sélection camerounaise. Après un premier match perdu, les tauliers de l’équipe se mobilisent. L’objectif est en vogue durant ce mondial: dicter la composition d’équipe à l’entraîneur. La conférence de presse incluant Samuel Eto’o et Paul Le Guen est donc très attendue après la première défaite des Lions indomptables dans cette Coupe du Monde.

Paul Le Guen, relégué au second plan, a le masque. On l'aurait à moins!

Les propos cités ci-dessus sont forts, marquants. Seul problème, et pas des moindres, ces paroles émanent de… Samuel Eto’o lui-même. Assis à ses côté, l’impassible breton ne bronche pas. Qui ne dit mot consent? Il semble bien que PLG ait perdu tout contrôle, toute influence sur ses hommes. 

Le Marco Schaellibaum français mérite donc amplement sa place dans cette sélection. Il est le digne représentant d’une classe que seuls Didier Deschamps, Arsène Wenger et Laurent Blanc semblent pouvoir contester: les entraîneurs français qui perdent!

Son CV lui permet même de prétendre au rôle de meneur. Seul Alain Perrin semble concurrenciel pour cette fonction. PLG connaît la défaite dans ses moindres recoins. Il en savoure mieux que personne son goût amer, sa spirale si entraînante qu’elle semble ne jamais vouloir se terminer. Mettez lui une claque sur la joue gauche, il vous tendra la droite. Viré au Stade Rennais, à deux doigts d’être relégué avec le PSG, dramatique durant son bref passage sur le banc des Rangers de Glasgow, l’homme cumule les affronts. Mais ne cesse de persévérer. Aller Paul, on croit encore en toi. Mais on est peut-être bien les seuls.

6) Blaise N’Kufo

Quel corps! Cela explique peut-être pourquoi "Kufo" s'est regardé jouer tout le mondial.Comment laisser partir notre buteur invétéré à la retraite sans lui rendre un dernier et vibrant hommage? Ce serait manquer de respect à un buteur aussi racé, un serial-killer de sa trempe. Car, ne l’oublions pas, Blaise N’Kufo c’est:

– 35 printemps depuis le 25 mai dernier, si l’on en croit son passeport…

– 108 buts en 204 matches sous les couleurs de Twente et… 7 sous le maillot national en 34 sélections.

– Un dernier but en équipe de Suisse qui remonte au… 1er avril (ce n’est pas un gag!) 2009. C’était contre la… Moldavie!

– 16,8 km/h une fois lancé en pleine vitesse

– 6,5 km parcourus sur l’ensemble des trois matches de la Nati en Afrique du Sud

–  92% de passes jouées vers l’arrière, dont 56% de ballons perdus.

Voilà, vous savez tout. A vous de faire votre choix. Votez et… que le meilleur du pire l’emporte!

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Posted in: Football